COTISATIONS PATRONALES ET DIVIDENDES : LA GRANDE BASCULE EN FAVEUR DU CAPITAL

Depuis toujours, le discours sur le « coût du travail » martèle une même idée : la France écraserait ses entreprises sous le poids des cotisations sociales. Pourtant, l’analyse des données montre une réalité bien différente : la protection sociale est méthodiquement asséchée, pendant que le capital n’a jamais été aussi choyé.

Des cotisations patronales en baisse continue

Alors qu’elles représentaient 11,2 % du PIB en 2006, les cotisations patronales ont chuté à 10,0 % du PIB en 2025. Cette baisse de plus d’un point de PIB n’est pas un hasard : c’est le résultat direct des politiques d’exonérations de charges à répétition (CICE, baisses Fillon renforcées, allègements généraux).

Au niveau national, ce sont des dizaines de milliards d’euros de recettes qui ont été retirés des caisses de la Sécurité sociale pour alimenter la trésorerie des entreprises, sans la moindre contrepartie sur l’emploi ou les salaires.

Les dividendes du CAC 40 en pleine envolée

Dans le même temps, le retour financier vers les actionnaires des plus grands groupes a suivi la trajectoire inverse. Les versements du CAC 40 (dividendes et rachats d’actions) sont passés de 2,3 % du PIB en 2006 à 3,6 % en 2025.

En intégrant les rachats d’actions — une pratique destinée à gonfler artificiellement le cours du titre —, les grandes entreprises cotées redistribuent désormais plus de 100 milliards d’euros par an à leurs actionnaires.

Évolution comparative en % du PIB (2006–2025)
AnnéeCotisations patronales (% PIB)Dividendes CAC 40
(% PIB)
Total actionnaires
CAC 40
(Div + Rachats, % PIB)
200611,20%1,90%2,30%
201011,40%2,00%2,40%
201511,10%1,90%2,30%
202011,10%1,20%1,60%
202510,00%2,40%3,60%

Qui paye l’addition ?

Cette baisse des cotisations patronales n’a pas soulagé les travailleurs, bien au contraire :

  • La fiscalisation du modèle : pour financer la Sécurité sociale à la place des employeurs, les gouvernements successifs ont augmenté la CSG et la TVA, faisant reposer le financement de la santé et des retraites sur l’ensemble de la population (salariés, retraités, consommateurs).
  • Des services publics exsangues : la baisse des cotisations crée artificiellement le « déficit » de la Sécurité sociale, prétexte parfait pour justifier le destruction de nos conquis sociaux : déremboursements de soins, fermetures de lit à l’hôpital et réformes des retraites.
  • Le tassement des salaires : les allègements de cotisations sociales patronales concentrés autour du SMIC créent une véritable « trappe à bas salaires », incitant les employeurs à bloquer les augmentations de salaire.

Ce que nous portons à la CGT

À la CGT, nous affirmons que les cotisations sociales ne sont pas une taxe, mais une part du salaire créée par notre travail : le salaire différé. C’est ce salaire qui finance nos pensions, nos arrêts maladie et nos allocations sociales et chômage.

Nous revendiquons :

  • La suppression des exonérations de cotisations patronales sans contrôle, notamment pour les grandes entreprises,
  • Un contrôle strict des aides publiques,
  • L’augmentation générale avec indexation sur l’inflation des salaires, pensions et minimas sociaux pour assurer des revenus dignes, pour vivre et financer une sécurité sociale à 100 % gérée par les travailleur·euses,
  • L’alignement de tous les minimas conventionnels au niveau du SMIC dans toutes les branches,
  • Le rétablissement de l’échelle mobile des salaires,
  • L’égalité réelle entre les femmes et les hommes,
  • La taxation des supers profits et dividendes des gros actionnaires,
  • Le blocage des prix du carburant.

Le problème en France n’est pas le coût du travail, c’est le coût du capital. Mobilisons-nous partout, dans nos entreprises et nos administrations sur le territoire d’Oullins-Pierre-Bénite pour exiger une tout autre répartition des richesses !